INRA

Lancer l'impression

Fermer cette fenêtre

Microbiologie et recherche laitière


Extrait du cahier historique de Jouy-en-Josas n°6 / Juillet 2008
Groupe de recherche Historique

 

Microbiologie et recherches laitières sous la direction de Germain Mocquot
En technologie laitière de nombreux processus, à retombées pratiques, ont été mis au point ou améliorés par M.M. Auclair et Bergère.

  • la méthode de stérilisation du lait par Ultra Haute Température a été initiée à Vilvert. C’est le lait UHT, soit la quasi totalité du lait actuellement commercialisé.
  • Un test de mesure rapide de la qualité bactériologique du lait a permis d’inclure ce critère très important dans le calcul du paiement du lait au producteur.
  • Ces chercheurs ont insisté sur le principe de réfrigération immédiate du lait après la traite, et pour ce faire, les performances des tanks de réfrigération à la ferme, ont été évaluées et sélectionnées.
  •  Les influences de l’alimentation sur la qualité des fromages ont été étudiées, par exemple l’alimentation à base d’ensilage à l’origine du gonflement des fromages pressés.
  • La fabrication de fromages de qualité, tel le Beaufort, en voie de disparition a été réhabilitée.
  • Une méthode de fabrication des fromages par une ultrafiltration, remplaçant l’utilisation de ferments est maintenant utilisée dans la fabrication de certains fromages. Elle permet d’éviter que certaines protéines utiles passent dans les sous-produits.
Etudiée par l’équipe de Michel Desmazeau, la fermentation lactique, réalisée par différents genres et espèces bactériens, est à la base de plusieurs industries agro-alimentaires intervenant dans l’alimentation humaine (fromages, yaourt, salaison, vin, cidre, choucroute..), ou animale (ensilage). Les ensemencements naturels étaient le plus souvent utilisés, d’où d’importantes fluctuations dans la qualité finale des produits. Avec l’évolution de la fabrication de produits fermentés dans de grandes unités mécanisées, il était important de maîtriser ces bactéries lactiques, pour optimiser les qualités organoleptiques des aliments et s’opposer au développement de micro-organismes dangereux ou nuisibles pour la technologie.

Les travaux réalisés à l’INRA ont permis des avancées considérables dans le domaine de la connaissance de la physiologie, des métabolismes et de la génétique de ces micro-organismes. Ces études se sont toujours attachées à accompagner les applications industrielles de ces recherches fondamentales (1)

Un autre aspect des recherches effectuées au début de la création de cette unité fut l’étude de la flore du tube digestif des animaux d’élevage. Ce problème avait été soulevé avec l’apparition des antibiotiques dont les résidus de fabrication entraient dans certains aliments pour animaux, et semblaient avoir un effet sur leur croissance. Mais quel était l’effet de ces antibiotiques, même à petites doses, sur la flore intestinale des animaux ? Encore fallait-il connaître cette flore ! Pierre Raibaud et Robert Ducluzeau ont entrepris cette étude à l’aide d’animaux obtenus sans germes (axéniques) auxquels ils pouvaient inoculer des germes connus, et étudier leurs effets. Les chercheurs ont d’abord utilisé des souris, puis des rats et enfin des porcelets, dont la taille convenait mieux pour des micro-analyses biochimiques. Le démarrage de ces essais fut assez artisanal. Par manque d’équipement et de technique, ces microbiologistes ne pouvaient pas obtenir les animaux sans germe par césarienne, donc, au moment de la naissance, la peau des « bébés » étaient dûment désinfectée avec un antiseptique, et la bouche, avec un peu d’antibiotique. Ils étaient vivement mis dans des cages placées dans des isolateurs. Ce matériel fut, au début, « bricolé » sur place.

L’utilisation de ces techniques a permis, entre autres, d’observer qu’il était possible d’obtenir, assez facilement, des lignées d’animaux qui n’étaient plus infectés chroniquement par des organismes microbiens difficiles à éliminer. (2)

Grâce à l’utilisation des porcelets, l’équipe, en relation avec le monde médical, put appréhender les interactions qui existaient entre le lait et la flore du nouveau-né, et comment la flore du tube digestif s’y installait. Le porcelet offrait l’avantage de pouvoir être nourri avec du lait maternisé humain. Il était possible de lui faire ingérer de la flore de type humain et d’étudier son installation et son développement dans le système digestif.
Les chercheurs de cette équipe ont apporté leur expérience de conservation d’animaux axéniques aux médecins chargés de soigner les bébés naissant sans système de défense immunitaire. Il était nécessaire de faire à ces enfants une greffe de moelle osseuse, mais avant que les examens et les recherches de moelle ne soient terminés, il s’écoulait un certain temps pendant lequel les enfants devaient être maintenus hors de toute atteinte microbienne. Les premiers isolateurs utilisés, à cet effet, furent ceux mis au point à Jouy pour les souris !

Beaucoup d’autres résultats ont été obtenus à Jouy par les différentes équipes de chercheurs. Nous nous sommes limités, dans cet article, aux travaux les plus significatifs des unités les plus anciennes.

 (1) d’après Michel Desmazeaud dans « INRA 50 ans d’un institut de recherche »
 (2) pour les travaux de M.M. Raibaud et Ducluzeau, «Archorales» tome 10 INRA 2004 et Archorales INRA en ligne

 

Date de création : 16/09/2011
Date de dernière mise à jour : 16/09/2011

Inra, Domaine de Vilvert 78352 Jouy-en-Josas cedex - tél : + 33 (0)1 34 65 21 21

copyright © 2005 | Crédits | Mentions légales