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Quand la truite se met au vert

Des chercheurs de l’unité Gabi (Génétique animale et biologie intégrative) de Jouy-en-Josas s’interrogent sur la variabilité génétique de la truite d’élevage pour son aptitude à se nourrir de formules alimentaires végétales. Leurs travaux, réalisés en collaboration avec des nutritionnistes de l’unité Inra Numea (Nutrition, métabolisme, aquaculture) de Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées Atlantiques) ont récemment retenu l’attention de la presse.

Alevins de truite arc en ciel.. © Inra, DUPONT-NIVET Mathilde
Mis à jour le 28/01/2013
Publié le 28/01/2013
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L’aquaculture se développe pour répondre à l’augmentation constante de la demande en poissons dans un contexte de stagnation des pêches. Or, les stocks de poissons pélagiques transformés en huiles et farines pour les aliments piscicoles, plafonnent. Pour faire face à cette limitation des ressources, les scientifiques explorent à la fois le potentiel de matières premières alternatives et les possibilités d'adaptation des poissons à des aliments dépourvus de matières premières marines.
Des nutritionnistes de l’unité Inra Numea de Saint-Pée-sur-Nivelle travaillent depuis plusieurs années sur l’optimisation de formules alimentaires végétales adaptées aux poissons. Parallèlement, les généticiens de l’unité Gabi de Jouy-en-Josas s’interrogent sur la variabilité génétique de la truite d’élevage pour l’aptitude à utiliser ces aliments. Certains individus s’adaptent-ils mieux que d’autres ? Est-il possible de sélectionner pour cette aptitude ?
Dans une première expérience les chercheurs ont nourri des poissons dès le premier repas avec une alimentation totalement végétale. Ils ont ainsi confirmé a priori l’existence d’une variabilité génétique sélectionnable. En septembre 2012, une étude réalisée après une première génération de sélection - publiée dans PLos One**- montre qu’il est possible d’améliorer la survie, la croissance et l’homogénéité de taille des poissons en sélectionnant les truites pour leur aptitude à survivre et grandir avec des aliments d'origine végétale. « Dans un contexte de raréfaction des ressources marines, ces résultats sont prometteurs. La variabilité génétique de ces populations est un levier supplémentaire pour adapter l’aquaculture aux inévitables transitions alimentaires» explique Edwige Quillet, responsable de l’équipe Génétique en aquaculture de l'unité Gabi.
Les prochains objectifs des équipes sont de comprendre pourquoi certains poissons s’adaptent et d’autres pas, tant d’un point de vue génétique que nutritionnel. « Les allers-retours entre génétique et nutrition sont nécessaires pour avancer sur les deux volets d’évolution de la filière : optimisation des formulations alimentaires et adaptation des cheptels. »
* Le Boucher, R., Quillet, E., Vandeputte, M., Lecalvez, J.M., Goardon, L., Chatain, B., Médale, F., Dupont-Nivet, M., 2011. Plant-based diet in rainbow trout (Oncorhynchus mykiss W): are there genotype-diet interactions for main production traits when fish are fed marine vs plant-based diets from the meal? Aquaculture, 321: 41-48
** Selection for Adaptation to Dietary Shifts: Towards Sustainable Breeding of Carnivorous Fish, Le Boucher R., Dupont-Nivet M., Vandeputte M., Kerneïs T., Goardon L., Labbé L., Chatain B., Bothaire M-J., Larroquet L., Médale F., Quillet E.. PLos One, septembre 2012