Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données

L’Institut National du Cancer (INCa) avec l'appui scientifique du réseau NACRe publie un nouveau rapport qui actualise les niveaux de preuve des relations entre 10 facteurs nutritionnels et le risque de cancer. Ces données récentes confirment une nouvelle fois l’importance de la nutrition dans la prévention primaire des cancers.

Repas de viande rouge pour une jeune fille. En France, environ 25% des jeunes femmes sont carencées en fer. La faible consommation de viande est le facteur nutritionnel principal qui explique cette carence en fer et l’anémie qu’elle entraîne.. © © INRA, MAITRE Christophe
Mis à jour le 25/06/2015
Publié le 25/06/2015

En 2007, le World Cancer Research Fund (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) publiaient de premières recommandations en matière de nutrition pour prévenir les cancers, traduites en 2009 en français sous le titre «Nutrition & prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations». Depuis, des rapports d’expertise WCRF/AICR et de nombreuses nouvelles études sont venues enrichir les premières découvertes. Le rapport INCa 2015 propose un état des connaissances actualisé sur les liens entre différents facteurs nutritionnels considérés comme pertinents dans le contexte français et le risque de cancer primitif pour les localisations de cancer concernées.

Au total, ce sont près de 150 relations entre les facteurs nutritionnels considérés et le risque de diverses localisations de cancer qui ont été examinées par un groupe de travail composé d’experts dans le champ de la nutrition et du cancer. Dans la majorité des cas, ce travail d’actualisation conforte les évaluations WCRF/AICR récentes. Pour plusieurs facteurs nutritionnels, il fournit également des informations nouvelles : d’une part, il permet d’établir des niveaux de preuve à l’égard de localisations de cancer jusqu’alors non mentionnées (exemple : surcharge pondérale et cancers hématopoïétiques) ; d’autre part, il révise le niveau de preuve de certaines relations (exemple : fibres et cancer du sein). En s’appuyant sur les niveaux de preuve convaincants ou probables ainsi actualisés, les facteurs nutritionnels sont classés en deux groupes :

  • Cinq facteurs augmentent le risque de cancer : boissons alcoolisées, surpoids et obésité, viandes rouges et charcuteries, sel et aliments salés, compléments alimentaires à base de bêta-carotène ;
  • Cinq facteurs diminuent le risque de cancer : activité physique, fruits et légumes, fibres alimentaires, produits laitiers, allaitement.
     NB : ces aliments ou nutriments ne doivent pas pour autant être qualifiés d' « anticancer ». En effet, le cancer étant une maladie plurifactorielle, aucun aliment ou composant à lui seul ne peut s'opposer au développement de cette pathologie.

Ces données actualisées confirment une nouvelle fois l’importance des objectifs prioritaires en matière de prévention nutritionnelle des cancers pour la population française, conformes aux repères du Programme National Nutrition Santé (PNNS) :

  • diminuer la consommation des boissons alcoolisées,
  • avoir une alimentation équilibrée et diversifiée, en évitant de recourir aux compléments alimentaires,
  • pratiquer une activité physique régulière

Elles confirment également l’importance de privilégier l’allaitement.

Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données. © INCa, INCa

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