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Boues d’épandage sur patûrages : quels effets sur les brebis gestantes et leurs fœtus ?

D’après une étude réalisée dans le cadre d’un consortium européen, les chercheurs ont montré que l’exposition de brebis en gestation à des contaminants chimiques présents dans les boues d’épuration épandues sur les pâturages entraine des altérations des fœtus en développement

Un agneau de quelques jours ne quitte quasiment jamais sa mère au pâturage, notamment pour les très nombreuses phases de tétée (Vaucluse).. © © INRA, MEURET Michel
Par Cotinot Corinne (+33 1 (0)1 34 65 23 50)
Mis à jour le 05/03/2016
Publié le 04/03/2016

L’épandage de boues issues de station d’épuration sur les sols agricoles est une pratique courante en Europe où des dizaines de tonnes de matière sèche sont épandues chaque année servant de fertilisant. Ces boues peuvent contenir des éléments traces métalliques (cuivre, chrome, plomb, etc.), des micropolluants organiques (pesticides, HAP), des polluants émergents (résidus pharmaceutiques, perturbateurs endocriniens). Déterminer les quantités de ces contaminants chimiques retrouvés chez des brebis et leurs fœtus en pâture sur ces champs, a fait l’objet d’un projet européen (REEF*). L’effet de cette exposition chimique sur les ovaires des femelles en cours de développement, exposées durant trois fenêtres de temps différentes, a été également analysé par différentes approches.

L'étude menée par des scientifiques français et britanniques des universités de Nottingham, Aberdeen (Royaume-Uni), de Paris-Saclay (UMR BDR, INRA, Jouy-en-Josas, France), et de l'Institut James Hutton (Aberdeen), publiée dans la revue Nature Scientific Reports, a montré des effets délétères de l'exposition des brebis gestantes - et leurs agnelles in utero - à un cocktail de contaminants chimiques présents dans les pâturages fertilisés avec des engrais dérivés de boues. Le consortium européen a étudié le développement des ovaires foetaux, développement qui est très semblable à celui de l'ovaire chez les humains. Les mères gestantes ont été exposées à de faibles doses, proches de celles auxquelles les humains sont exposés. Étant donné que le nombre d'ovocytes présents dans l'ovaire à la naissance est déterminé pendant la vie fœtale pour toute la vie de l’individu, il est important d’analyser les impacts des expositions au cours de la gestation sur cette réserve ovarienne. Toute altération du stock d’ovocytes fœtaux aura des conséquences à long terme sur la fertilité des femelles adultes.

Cette étude, reproduisant des pratiques d’élevage couramment utilisées, est la première a montrer qu’il existe des fenêtres de sensibilité différentes au cours de la gestation en termes d’atteintes du développement de l’ovaire, l’exposition pendant la deuxième moitié de la gestation étant la plus délétère en termes de diminution du nombre d’ovocytes sains et d’altération des transcriptomes et protéomes de l’ovaire. Il est également montré que de très faibles doses de chacun des contaminants peut induire des effets délétères lorsqu’il est combiné à des dizaines voire des centaines d’autres composés chimiques présents dans l’environnement (effet cocktail). Au-delà des effets sur les animaux eux-mêmes et de la perturbation de leur fonction reproductive pouvant entrainer des baisses de fertilité, ce travail soulève la question de la consommation de produits issus des animaux ayant pâturé sur ces champs et des effets potentiels sur la santé reproductive dans l’espèce humaine. Le dernier tiers de la gestation étant identifié comme un période de grande sensibilité pour l’ovaire.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Dr Richard Lea (+44 (0)115 951 6426) School of Veterinary Medicine and Sciences, University of Nottingham
  • Dr Corinne Cotinot (+33 1 (0)1 34 65 23 50) UMR BDR, Inra, Jouy en Josas
Contact(s) presse :
Emma Thorne (+44 (0)115 951 5793)
Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas

En savoir plus

Article: The fetal ovary exhibits temporal sensitivity to a ‘real-life’ mixture of environmental chemicals. Nature Scientific Reports

Communiqué de presse du 02/03/2016 : Agricultural fertilizer could pose risk to human fertility, sheep study finds

Financement: *REEF: Reproductive Effects of Environmental chemicals in Females, contract number 21288