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Hélène Jammes, lauréate de l’Académie d'agriculture de France

Directrice de recherches à l'unité mixte de recherches de biologie du développement et reproduction (BDR) du centre de Jouy-en-Josas, Hélène Jammes est l’une des 17 chercheurs de l’Inra distingués en 2012 par l’Académie d’Agriculture de France. Cette récompense vient souligner l’importance de son champ de recherche devenu aujourd’hui incontournable : l’épigénétique appliquée au secteur animal.

Mis à jour le 18/06/2014
Publié le 28/01/2013
Mots-clés :

Que représente pour vous la récompense de l’Académie d'agriculture ?

Cette médaille est une reconnaissance de l’importance de l’épigénétique pour le secteur animal. Nous savons maintenant que l’environnement peut modifier les processus épigénétiques et donc modifier l’expression des gènes. Chez les animaux d’élevage hautement sélectionnés, nous cherchons à comprendre l’implication des marques épigénétiques dans les différences d’expression du potentiel génétique. Une part importante des travaux de notre unité BDR cherche en particulier à comprendre la programmation fœtale.

C’est-à-dire ?

Au cours de la vie fœtale des informations provenant de l’environnement maternel (stress, exposition aux toxiques, alimentation…) passent à travers le placenta. Transmises au fœtus sous forme de mémoire épigénétique, elles peuvent modifier le devenir de l’individu. Chez l’homme, ce peut être un facteur prédisposant à l’obésité, aux maladies cardiovasculaires... Chez nos animaux, cette mémoire peut altérer l’expression de leur potentiel génétique et avoir des conséquences sur la production laitière, le développement musculaire...

Quels sont vos modèles d’études ?

Nous travaillons sur l’animal cloné, modèle de reprogrammation cellulaire initialement développé par Jean Paul Renard. Lors du clonage, une cellule différenciée est prélevée ; son noyau, placé dans un contexte ovocytaire sera alors reprogrammé pour démarrer le développement embryonnaire. Les marques épigénétiques de ce noyau devront être modifiées afin que de nouvelles marques soient acquises. Des altérations de reprogrammation peuvent survenir lors de ces étapes. Notre groupe s’intéresse aux répercussions de ces altérations à long terme, au cours de la gestation chez le fœtus et  chez l’adulte.

A quelle phase en sont vos recherches ?

Dans une phase exploratoire. Nous faisons une photographie des marques épigénétiques pour un organe donné. Ainsi pour le foie nous essayons d’associer marques épigénétiques, perturbations de l’expression des gènes et histologie. La même étude sera faite avec le muscle et le placenta. Les associations que nous tentons d’établir entre marques épigénétiques, expression des gènes et phénotype sont fondamentales. Cela n’a encore jamais été fait chez le bovin.

Mini-CV

Hélène Jammes

Hélènes Jammes commence ses études à l’université d’Orsay (Paris XI) en biologie et physiologie animale. S’ensuit un DEA en 1980 à l'université Pierre et Marie Curie-Paris VII et une thèse à l’Inra où éclot sa passion pour la biologie cellulaire sous la direction d’Hubert Clauser. Après 3 ans au laboratoire des hormones polypeptidiques du CNRS de Gif-sur-Yvette, Hélène passe le concours de chargé de recherche Inra et intègre le laboratoire de Biologie cellulaire et moléculaire en 1987.
Entre 2002 et 2007, elle travaille à l’Institut Cochin sur l’épigénétique et placenta, une spécialité qu’elle explore à l’Inra depuis 2007.