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Maladie de Lyme… La traque aux tiques!

Quelles sont les maladies transmises par les tiques? Comment les éviter grâce à quelques actions simples sur notre comportement et sur l'aménagement de notre environnement immédiat? Jean-François Cosson, chercheur en écologie de la santé, était à Jouy-en-Josas le 26 septembre 2017 pour répondre à ces questions dans le cadre d'une conférence-débat interactive. Le public était au rendez-vous, nombreux, curieux et participatif

Conférence de Jean-François COSSON (La traque au tiques !) à la salle du vieux-marché à Jouy-en-Josas. © B. Nicolas
Par Christine Jez
Mis à jour le 20/10/2017
Publié le 20/10/2017

Le 26 septembre, Jacques Bellier, Maire de Jouy-en-Josas et Benoit Malpaux, alors président du centre de recherche Inra Ile-de-France-Jouy-en-Josas, ont ouvert la conférence sur les tiques et la maladie de Lyme, de Jean-François Cosson, chercheur en écologie de la santé au sein de l'unité mixte de recherche "Biologie moléculaire et immunologie parasitaire". Cet évènement est le fruit d'une rencontre, pratiquement un an plus tôt, entre l'équipe de recherche Vectotiq spécialisée dans l'étude de l'écologie des agents pathogènes transmis par les tiques  et les élus de la communes lors des portes ouvertes du centre de recherche. Depuis ces échanges, deux projets sont nés : OhTicks et CiTIQUE.  Le premier, coordonné par Muriel Vayssier-Taussat cherche à mieux connaitre les agents pathogènes transmis par les tiques et à développer des tests de diagnostic. Le second, coordonné par Jean-François Cosson et Pascale Frey-Klett a pour objectif de recueillir des données sur les morsures de tiques et d'accélérer ainsi l'acquisition de connaissances sur les circonstances dans lesquelles la population se fait piquer. Il propose à tout citoyen de participer à la collecte de tiques et de données de piqures grâce à une application smartphone (Signalement TIQUE) et des stages de recherche au laboratoire Tous Chercheurs de l’INRA de Nancy. Aujourd’hui, les personnes qui découvrent une tique fichée dans leur peau, au retour d’une promenade, se contentent de l’enlever et de la jeter. En signalant leurs piqûres et en conservant ces petites bêtes, tout comme celles de leur animal de compagnie, ces mêmes personnes peuvent jouer un rôle décisif dans l’avancée des connaissances scientifiques. Ces données permettront de réaliser des cartes de risque de piqûre (en fonction du paysage et de la météo) et des cartes de distribution des tiques et des pathogènes qu’elles transmettent. Elles aideront aussi à la compréhension des mœurs et coutumes des tiques et des circonstances dans lesquelles la population se fait piquer. Ces informations sont essentielles pour mettre en place une prévention efficace. 

Un public curieux, avide de connaissances

Au cours de sa conférence,  Jean-François Cosson a décrit le contexte des maladies à tique en Europe et en Amérique du Nord, présenté les connaissances actuelles sur les tiques, les actions de prévention qui peuvent être mises en place et les recherches engagées pour améliorer la prévention de la maladie de Lyme. Le public était non seulement nombreux mais aussi très réceptif. Dans les Yvelines, la présence de tiques n'est pas qu'un sujet médiatique mais une réalité, liée en partie au magnifique environnement forestier du département (environ 30% de la surface du département). Comment profiter de ce cadre de vie tout en ne prenant pas trop risques? Les personnes présentes étaient là pour comprendre et apprendre à se protéger. 

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Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Grand Est - Nancy, Occitanie-Montpellier, Jouy-en-Josas

Questions / Réponses

Q.     Est-ce qu'il y a plus de tiques aujourd'hui? Est-ce qu'il y a plus de tiques porteuses de la bactérie responsable de la maladie de Lyme?

R.    Nous ne disposons pas de données permettant de le montrer avec certitude, car nous n’avons pas d’observatoire standardisé de suivi des populations de tiques. Par contre, nous savons que deux facteurs très importants favorisent leur développement. D’abord, la présence de gibier, notamment de chevreuils, dont la population augmente et qui nourrissent en particulier les tiques adultes. Ensuite, l’augmentation des surfaces forestières en France. L’espèce de tiques la plus fréquente en Europe, Ixodes ricinus, se trouve surtout dans les forêts, qui lui procurent assez d’humidité car elle supporte mal la sécheresse. Ces deux facteurs en augmentation, chevreuils et forêts, nous font penser qu’il y a davantage de tiques. Il est également difficile de savoir si les tiques sont plus infectées maintenant que dans le passé. Là encore, nous manquons de données objectives. Cependant nous savons que la circulation des pathogènes augmente généralement avec la densité de leurs hôtes et de leurs vecteurs. Comme il semblerait que les populations de tiques ont augmenté, ainsi que celle des gros gibiers, chevreuils et sanglier, il est bien possible que la bactérie Borrelia soit plus présente aujourd'hui. Mais cela reste à démontrer ...​

Q.    Quels sont les prédateurs des tiques?

R.   Une partie des prédateurs des tiques sont aussi des victimes des tiques, à l'exception d'une petite guêpe, dont l'utilisation dans la lutte contre le développement des tiques ne semble pas aisée. Certaines recherches s'orientent vers des champignons pathogènes, mais la recommandation la plus efficace à l'heure actuelle est d'avoir des poules dans son jardin. Si elles sont aussi piquées par des tiques, elles en sont par ailleurs très friandes. 

Q.     Quels sont les répulsifs efficaces contre les tiques?

R.     L'Anses est actuellement en cours d'évaluation des différents répulsifs afin de déterminer ceux qui fonctionnent le mieux. Les résultats seront prochainement disponibles sur anses.fr 

Q.    Est-ce que l'on peut savoir si l'on a un risque d'être contaminé par la maladie de Lyme en faisant analyser la tique qui nous a piqué?

R.    Les données sur les tiques ne sont pas un bon indicateur, il est préférable de s'intéresser à l'observation des symptômes. En effet les statistiques montrent qu'il y a 7% de malchance d'attraper la maladie de Lyme lorsque la tique est porteuse de la bactérie borrelia et 1,5% si elle n'est pas porteuse. En se basant sur la contamination ou non-contamination de la tique comme indicateur, il y a un risque d'inquiéter la personne qui s'est faite piquer pour rien ou de rassurer celle qui peut quand même développer la maladie. Pour cette raison, les tiques envoyées au laboratoire par les personnes piquées ne sont utilisées que pour la recherche et pas pour une analyse des risques de maladie.  La surveillance de la zone de la piqure reste le meilleur indicateur. 

Q.     Pourquoi n'est-on pas vacciné comme en Autriche et en Allemagne?

R.    Le vaccin proposé en Allemagne, en Autriche et dans l'Est de la France ne concerne pas la maladie de Lyme. C'est un vaccin contre l'encéphalite à tiques qui n'a été observée en France que dans quelques endroits localisés dans le Grand Est et qui n'existe pas ailleurs à l'heure actuelle. 

Q.    Est-ce que la maladie de Lyme existe aussi chez les animaux?

R.    Le chevreuil est résistant à Borrelia tout comme le chat, mais certaines races de chiens sont malades ainsi que les chevaux aussi.  Il est difficile de savoir  si les rongeurs sont sensibles ou pas. Il n'y a pas eu d'observations qui permettent de répondre à la question.